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Les auxiliaires sous abris : un levier clef de la protection intégrée à soigner


Synthèse PIC


Actualité publiée le : 25/03/2019 Culture : Cultures légumières, Cultures tropicales, Horti-PPAM Relié aux rubriques : Biocontrôle Source : EcophytoPIC / Auteur : Ph DELVAL Références : Synthèse EcophytoPIC n°6

Les abris, tunnels et serres sont des milieux favorables au développement de nombreux ravageurs, acariens et insectes. Les conditions permettent également de s’engager dans une Protection Biologique Intégrée. En effet, la maîtrise des conditions du milieu est un atout pour faciliter la gestion de techniques de lutte à l'aide de moyens biologiques. Dans cette PBI sous abri, le rôle des macro-organismes auxiliaires est prépondérant.

Le climat des abris est une source de pullulation de nombreux insectes et acariens néfastes aux cultures légumières (pertes quantitatives, aspect visuel) et aux cultures ornementales (pertes qualitatives) non seulement par leur présence mais aussi parce qu’ils sont parfois vecteurs de maladies ou permettent le développement de fumagine sur leurs exsudats.

La gestion des macro-organismes devient donc primordiale afin de permettre efficacité mais aussi rentabilité afin de répondre à toutes les interrogations des producteurs.

 

Deux types de lutte complémentaires

L’apport de macro-organismes dans une serre ou un abri peut s’envisager au travers de deux techniques.

La première consiste à créer un habitat favorable à proximité des infrastructures afin de développer une faune utile, appelée « biodiversité fonctionnelle ». Cette technique dite « lutte par conservation » fait appel à des techniques d’implantation de dispositifs dans lesquels peuvent s’implanter des auxiliaires naturels qui pourront migrer vers les abris à certains moments. La  fiche du guide Ecophyto - légumes et un travail effectué par le Scradh sur la faune auxiliaire indigène méditerranéenne  donnent un bon exemple de cette première approche. 

Néanmoins, les pressions exercées par les ravageurs sous abris sont telles que les producteurs doivent recourir à des apports d’auxiliaires, élevés, conditionnés et commercialisés par des entreprises spécialisées. Cette technique fait donc appel à des macro-organismes introduits. Les lâchers d’auxiliaires présentent de nombreux intérêts dans la réduction de l’utilisation des pesticides mais sont souvent présentés comme coûteux. Leur utilisation nécessite d’être accompagnée d’une meilleure gestion plus durable.

Vous pouvez ainsi consulter notre article "Auxiliaires - Lâchers innodatifs" mais également les fiches des guides Ecophyto légumes "Utilisation des macro-organismes", tropicaux "Lutte biologique inondative" et enfin la fiche Arexhor "Biocontrôle en cultures ornementales". Réagissez en enrichissant la fiche GECO sur la lutte biologique à l'aide de macro-organismes.

Une action CEPP concerne 14 macro-organismes utilisables sous serres pour gérer divers bioagresseurs.

 

Accompagnement – formation

La mise en œuvre de techniques à l'aide d'auxiliaires nécessite l’apport de connaissances par des experts sur leurs conditions d’implantation. Les paramètres précis qui garantissent une valorisation de ces techniques que ce soit lors de la logistique, du stockage, du lâcher ou de la période suivante doivent être connus du personnel concerné sur une exploitation. L'accompagnement technique et la formation des personnes sont souvent cités dans les témoignages que vous trouverez plus bas.

 

Observation – identification

Un autre point largement souligné par les praticiens est la nécessité d’être en constante vigilance afin de ne pas se faire déborder par des bioagresseurs très actifs. L’observation est donc indispensable. Des plantes pièges peuvent contribuer à faciliter cette observation. Néanmoins, une bonne connaissance est nécessaire afin de réaliser un bon diagnostic sur la base d’une identification correcte. L'observation permet également d’organiser une lutte dirigée sur des foyers naissants afin d’éviter des applications préventives et généralisées qui sont généralement plus coûteuses et moins efficaces.

Un ouvrage produit par la Serail, stations légumière rhône-alpine présente cette approche : Protection intégrée en maraîchage sous abri : maîtriser l’introduction et savoir reconnaître les auxiliaires.

La base ABAA d'EcophytoPIC, recensant à la fois les organismes utiles (Auxiliaires), nuisibles (BioAgresseurs) ainsi que les Accidents physiologiques et climatiques? permet d'accéder à des informations essentielles (identification, biologie, cycles, seuils) et fournit les liens directs vers chacun des sites où de la documentation existe. Une sélection sur les auxiliaires est disponible.

 

Une combinaison de lutte

La protection à l’aide de macro-organismes contre les ravageurs peut se combiner à toute autre méthode permettant de moins favoriser ces bioagresseurs. Ces méthodes doivent cependant être compatibles. On voit ainsi les lâchers accompagnés de techniques préservantes telles que piégeage, éradications manuelles et bassinages (voir l'article "Bassinages et brumisation contre les ravageurs") visant à modifier le climat au profit des auxiliaires. La combinaison de ces méthodes semble rendre les stratégies de protection plus robustes vis-à-vis des ravageurs mais nécessite une adaptation en fonction des conditions de cultures et des cultures elles-mêmes.

 

Réussir l’implantation et assurer le maintien des auxiliaires

Les professionnels signalent le manque d’outil à ce sujet. Un projet DEPHY EXPE a été mis en place afin de suivre, enregistrer et comprendre les dynamiques des bioagresseurs/biodéfenseurs, en facilitant la collecte et l’analyse d’information sur l’état sanitaire des cultures, pour améliorer l’acquisition et la mise en œuvre de l’expertise nécessaire à la prise de décision dans des stratégies complexes de protection plus respectueuses de l’environnement. Ce projet a été testé dans des conditions métropolitaines et tropicales à la Réunion. Une fiche focus thématique DEPHY EXPE, une trajectoire DEPHY Ferme et une vidéo Armeflhor permettent de constater les contributions de ce projet.

Parmi les différents moyens d’action, on trouve les plantes de service qui sont des végétaux disposés aux alentours ou au sein même des parcelles de production, en vue de protéger les cultures. Leur utilisation vise à modifier l’agrosystème afin de favoriser la présence d’auxiliaires ou d’agir directement pour lutter contre les bioagresseurs. Un document Astredhor Seine-Manche présente les différents rôles potentiels de ces plantes de service : attractivité, réservoirs, piégeage, indicateurs, refuges.

L’installation de plantes relais ou le nourrissage à l’aide de pollen dans les abris et serres ont pour objectif de faciliter le maintien des populations d’auxiliaires et d’éviter des lâchers à répétition. Ce concept de nourrir les auxiliaires et non de les lâcher massivement est un formidable accélérateur pour la protection biologique des cultures sous serre tant par la conservation que par l’augmentation des auxiliaires indigènes, et permet de réduire les coûts.

Pour preuve plusieurs expériences à l'échelle de l'expérimentation :

- Focus thématique "Une avancée significative dans la lutte biologique contre l’Aleurode du Tabac sur Gerbera",

- Action nationale Hab’Alim,

ou de l'exploitation :

- une vidéo "Un horticulteur innovant",

- une vidéo "Alternatives aux insecticides / Ecophyto Dephy Ferme en ornement",

- une fiche trajectoire DEPHY Légumes "Utiliser des auxiliaires pour gagner du temps et de l’efficacité !"

- ou Horticulture "Plantes en pot: Utiliser la Protection Biologique Intégrée pour baisser les IFT".

La lutte chimique, quand elle est nécessaire, doit préserver le potentiel de populations d’auxiliaires qu’elles soient naturelles ou introduits. Des outils existent afin de mieux faciliter les choix. On peut citer ainsi la base Ecoacs mais aussi l'ouvrage Astredhor "Pesticides et auxiliaires" qui donnent de précieuses informations sur la compatibilité entre les macro-organismes et les produits phytopharmaceutiques.

 

Une approche globale intégrant des macro-organismes

Nous avons pu constater qu'en horticulture, cette approche était effective sur plusieurs cultures ou systèmes de culture. En témoignent les fiches trajectoires et les fiches systèmes produites par le réseau DEPHY comme, "Poinsettia innovant avec utilisation de plantes-pièges" ou "Production d’Hibiscus (potées fleuries) sous abri chauffé".

De même en légumes, nous pouvons retenir plusieurs exemples sur concombre (Moyens biologiques- Insectes auxiliaires / concombre serre chauffée), aubergine (La PBI en culture d’aubergine: vers une meilleure gestion de l’aleurode des serres et du tabac en culture sous abris), tomate  (Protection biologique intégrée- tomates sous serres, comment réduire les pesticides?) fraise (La PBI : un outil pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires) ou maraîchage diversifié (Maraîchage diversifié en AB, conçu pour un débouché en circuit long).

Comment équilibrer son milieu ou influer pour maintenir un équilibre dans la faune de la serre ? Un article du GAB 29 "Lutte biologique en légumes bios sous abris" répond avec des précisions intéressantes et pas uniquement pour les producteurs biologiques.

 

La Production Biologique Intégrée : une réalité dans les cultures sous abris

Une vidéo de près de 30' dresse un panorama complet sur la Protection Biologique Intégrée (PBI). Elle prend exemple des entreprises horticoles impliquées et dynamiques en région Centre - Val de Loire. N'hésitez pas à regarder.