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Réduire les IFT insecticides en vigne ?


Synthèse PIC


Actualité publiée le : 17/06/2019 Culture : Viticulture Relié aux rubriques : Systèmes de culture Source : EcophytoPIC / Auteur : Ph.DELVAL - EcophytoPIC Références : Synthèse EcophytoPIC n°9

L’invasion des vignes par le phylloxera au 19ème siècle, a marqué la viticulture européenne par son importance économique et sociale dramatique. (accès à la fiche Base ABAA phylloxera).

Gustave Foex déclarait en 1900, «L’histoire de l’Agriculture ne nous a conservé, à aucun moment et pour aucune autre plante cultivée, le souvenir d’une crise aussi grave que celle traversée par les vignes de l’ancien continent lorsqu’elles furent envahies par le Phylloxéra».

 

Plusieurs larves de deuxième génération radicicole observées sur racines - photo D.Blancard (INRA)

Ses conséquences ont été phénoménales et a vu la mise en œuvre d’une méthode alternative à l’échelle de la planète, même si des méthodes chimiques à base d’injection de de sulfures au niveau des racines avaient été précédemment mises en place. Le phylloxéra est désormais présent dans tous les vignobles du monde. La récente crise phylloxérique survenue en Californie au début des années 1990, provoquée principalement par l’emploi massif d’un porte-greffe insuffisamment résistant au parasite, ainsi que la présence parfois importante de la forme gallicole sur V. vinifera dans certains vignobles, nous rappelle qu’il faut rester vigilants.

Les insecticides = En moyenne, 6 fois moins que les fongicides

La préoccupation principale des viticulteurs en matière de ravageurs est cependant toute autre. Aujourd’hui, en France la valeur moyenne de l’utilisation des insecticides représente 12,7% des IFT avec des différences régionales liées à une disparité importante de sa présence dans les différents bassins viticoles. Ceci explique les différences observées de l’IFT suivant les bassins viticoles comme le montre le schéma extrait de la synthèse vigne DEPHY Expé disponible sur EcophytoPIC.
Un autre document DEPHY Ferme fait l’état des lieux de la campagne 2018.
Celui-ci montre que les IFT insecticides sont toujours plus importants dans les vignobles concernés par les traitements obligatoires contre la cicadelle vectrice de la flavescence dorée (Bordeaux, Sud-Ouest, Charentes, Languedoc-Roussillon). Le biocontrôle a ainsi sa place dans les vignobles en absence de cicadelles vectrices.
 
 
 

Une problématique majeure = le vecteur de la flavescence dorée

De nombreuses informations sont accessibles à partir de l’article EcophytoPIC (accès à la fiche Base ABAA flavescence dorée). Cet insecte hémiptère piqueur suceur ne cause aucun dégât direct sur le feuillage de la vigne. En zone contaminée par la flavescence et définie par arrêté préfectoral, la lutte contre l’insecte vecteur est obligatoire. Cette lutte systématique repose sur 3 traitements insecticides en période de végétation à des dates définies par les SRAL, ce qui explique les IFT insecticides de certaines régions (voir ci-dessus). 

En Italie, un groupe de chercheur de la Fundazione Edmund Mach a travaillé sur le prototype d’un outil electro-magnétique exerçant une confusion sexuelle en provoquant des vibrations propagées par les fils de palissage et empêchant ainsi la reproduction des cicadelles. (Accès à l’article du projet PURE - en anglais).

Appareil electro-magnétique provoquant les vibrations similaires aux cicadelles - photo Fundazione E.Mach

Des alternatives pour les bioagresseurs principaux

 Typhlodromus pyri - photo IFV

Les autres insectes pouvant causer des dégâts à la vigne sont des insectes lépidoptères (tordeuses des grappes) ou hémiptères (cicadelles des grillures). Ces problématiques restent relativement locales et ponctuelles et des solutions de biocontrôle sont disponibles (confusion sexuelle, insecticides biologiques, macro-organismes) permettant aux viticulteurs de réduire potentiellement l’usage des insecticides. De même, de nombreuses études conduisent à faciliter la lutte par conservation afin de développer les auxiliaires pouvant maîtriser en totalité ou en partie ces bioagresseurs.  Cette méthode a particulièrement porté ses fruits vis-à-vis des acariens (accès aux fiches Base ABAA Acarien jaune des charmilles, Acarien rouge) par l’installation et le développement d’acariens prédateurs, plus particulièrement les typhlodromes (Accès à la fiche Base ABAA Typhlodrome)

Les 4 tordeuses - Photos L.Delbac, D.Thiery et C.Deluche (INRA)

Concernant les tordeuses, on en dénombre plusieurs (Cochylis , Eudémis, Eulia , Pyrale de la vigne). Plusieurs méthodes alternatives sont désormais disponibles notamment sur les deux premières qui sont les plus importantes au niveau du vignoble. Tout d’abord la confusion sexuelle qui nécessite l’implication des viticulteurs sur une zone géographique donnée mais qui donne pleinement satisfaction. Des trichogrammes ont été récemment mis sur le marché. Enfin, des bio-insecticides à base de Bt peuvent être utilisés. Ces méthodes font l’objet d’une action CEPP (accès aux fiches action CEPP confusion sexuelle, trichogrammes, Bt).

De nombreux viticulteurs des groupes DEPHY Ferme ont adoptés ces techniques et notamment la première. Trois fiches trajectoires présentent les itinéraires intégrant celle-ci. De même des fiches systèmes issues d'expérimentation en Alsace et en Languedoc démontrent l'intérêt de la mise en œuvre de la technique hors et dans une zone à flavescence. Il est important de ne pas oublier l’existence de parasitoïdes naturels qui dans un environnement adapté peut contribuer à la régulation de chenilles de tordeuses (accès à la fiche Base ABAA Campoplex capitator).

 Larve d'Empoasca vitis (IFV)

Concernant les cicadelles des grillures, des produits de biocontrôle à base de kaolinite calcinée, peuvent être employés. Cette méthode fait également l’objet d’une action CEPP (Accès à la fiche action CEPP kaolin). Elle est présentée par un viticulteur Dephy (fiche trajectoire, poster). Ici encore, on peut signaler la présence naturelle d’un parasitoïde oophage (accès à la fiche Base ABAA Anagrus atomus). Dans le cadre du projet DEPHY Expé Ecoviti Val de Loire, l’implantation de rosiers a été testée pour favoriser les parasitoïdes de la cicadelle verte. Une fiche système, un focus thématique et une présentation lors du colloque DEPHY Expé (mai 2019) aborde les résultats de cette expérimentation.

Enfin, il est important de noter l'émergence de nouveaux ravageurs comme Drosophila suzukii, arrivée en France en 2014, qui peuvent impacter certains vignobles.(Accès à la fiche Base ABAA Drosophile).

Dans certains vignoble méditerranéens, des attaques de mouche méditerranéenne Ceratitis ont été signalées. Cette mouche peut être contrôlée grâce à des systèmes de pièges, répertoriés comme action CEPP.( (Accès à la fiche action CEPP Pièges à mouches).

Efficience et lutte par conservation

Dans la synthèse des trajectoires Viti du réseau DEPHY Ferme, il est noté que le nombre de leviers mobilisés pour la réduction de l’usage des insecticides est plus faible que pour la réduction des fongicides. Les leviers d’efficience (optimisation de l'application, observations) sont les plus cités, avec principalement le raisonnement des applications à l’aide d’observations ou de bulletins techniques. En complément, le recours au biocontrôle représente 23% des citations.

Le suivi de l’état des cultures est jugé primordial comme le montrent les trajectoires suivantes (en Alsace, Bourgogne.ou Roussillon)

Un viticulteur fait part de son expérience en matière de lutte par conservation afin de maîtriser les bioagresseurs. (Accès à la trajectoire en Pays de la Loire).

Deux outils sont disponibles pour parfaire la lutte par conservation sur vigne: la base ABAA recensant les auxiliaires et Herbéa  qui aidera à choisir les essences pouvant les favoriser dans l'environnement des vignobles.

Enfin, un poster présenté lors du colloque national DEPHY 2018 fait l’état de la pose de nichoirs à abeilles sauvages aux abords des parcelles dans un souci d’amélioration de la biodiversité générale dans un vignoble, concourant à la suppression de l’usage des insecticides afin de protéger cette faune.